Le ciel est ouvert à ceux qui ont des ailes

Être heureux au travail

« Vous reprendrez bien un petit cocktail d’hormones du bonheur ☺️ ! »

Le concept :

Que je me sens bien ! J’ai une pêche d’enfer ! Quel pied ! Que c’est beau ! Ca valait vraiment le coup ! Autant d’expressions, parmi tant d’autres, qui traduisent, souvent de façon intense mais éphémère, ces moments de grâce qui construisent notre sensation d’être heureux. Pour les rendre durables, plus fréquents et plus stables, les chercheurs en neurosciences ont développé de nouvelles approches.

Les sensations que nous ressentons, et particulièrement celles du plaisir au travail, répondent à des mécanismes complexes mais connus. L’un d’entre eux se situe dans la subtile alchimie des neurotransmetteurs que sont les hormones du bonheur. 

Leur possible mise en action consciente peut favoriser le sentiment de bien-être et nous permettre de réguler favorablement nos comportements tant personnels que professionnels.

Bien comprendre les enjeux :

Même si l’être humain a développé son cerveau vers la pensée et le raisonnement, son attention est d’abord focalisée sur sa survie. C’est le système limbique qui, utilisant ces neurotransmetteurs, donne un sens à ce que nous vivons et nous fait dépasser nos besoins primaires et archaïques.

Parmi les neurotransmetteurs déclenchés dans notre cerveau en fonction de nos émotions, quatre sont déterminants pour favoriser la bonne humeur et le bien-être.

  •  La dopamine est une réponse euphorique au fait de trouver une réponse à ses besoins. Elle agit comme une récompense d’autant plus fortement ressentie que l’effort fourni et la performance atteinte sont importants.
  • L’endorphine est directement reliée à l’apaisement de la douleur. Son champ d’action adresse exclusivement les efforts physiques.
  • L’ocytocine est l’hormone qui se met en route quand nous ressentons le sentiment d’appartenance à un groupe et que la confiance s’installe. Elle permet de créer des liens durables.
  • La sérotonine participe à la satisfaction d’avoir une influence positive sur les autres et conduit à trouver du plaisir au commandement et au leadership

Ces différentes hormones présentent donc de sérieux avantages, quand elles sont actives, et répondent à l’épanouissement que procure le plaisir de faire, sans souffrir, de réussir et d’influencer. Elles ont une contrepartie, qui explique que le bonheur ne peut être permanent ; elles sont provisoires, fugaces, addictives et nécessitent de plus en plus d’influx pour être ressenties régulièrement. Elles nous poussent à chercher des sensations de plus en plus fortes, activant simultanément la performance, l’excellence mais aussi la frustration, l’épuisement et la déception. Peut s’activer dés lors le cortisol, hormone du stress, de la peur et de l’anxiété qui conduit, sans action de notre part à un cycle satisfaction/insatisfaction épuisant et peu épanouissant. Le degré de sollicitation de ces hormones du bonheur peut ainsi conduire à chercher des sensations aussi enthousiasmantes que démobilisatrices.

Tout est affaire de dosage, de maîtrise et de conscience pour trouver dans ce cocktail les satisfactions générant le bonheur !

Le cerveau se câblant de lui-même en fonction des expériences, il nous faut être vigilant pour favoriser des réponses émotionnelles à la hauteur de notre capacité à les gérer. Des comportements conscients peuvent faciliter le bon dosage de ce cocktail en favorisant un bon câblage.

Et en pratique ? 

Un des éléments majeurs est d’intégrer le fait qu’une nouvelle habitude se met en place, en fonction de chaque personne, en la pratiquant en continu au moins 30 à 50 jours d’affilée. S’installera alors une nouvelle pratique favorisant la stabilité et la continuité des apports de ces hormones.

La bonne maîtrise de la dopamine consiste à favoriser la réalisation d’évènements réguliers, voire quotidiens. Pour les tâches importantes et difficiles, la segmentation en micro-tâches assurera le maintien continu de cette récompense hormonale.

L‘endorphine sera d’autant plus efficace que vous retrouverez l’habitude de ressentir vos émotions, de les identifier, de les accepter et de les vivre, qu’elles soient fortement positives ou négatives. Le feed-back, le fait de partager votre ressenti, de rire et de pleurer sont d’excellents moyens d’y accéder.

L’ocytocine se déclenche grâce à l’attention aux autres, le respect de sa parole et de ses engagements. En transformant un « ca va ? » en un « comment vas-tu ? » et de façon générale un « est-ce que tu… ? » en un « qu’est-ce que tu… ? », vous favoriserez une approche attentionnelle très communicative qui activera les neurones miroirs. Ce savoir-être déclenche l’ocytocine et procure la sensation du plaisir d’être ensemble et de partager. Encore faut-il être à l’écoute des réponses qui nous sont faîtes !

Enfin la sérotonine trouvera toutes ses raisons d’agir quand vous célébrerez vos succès, votre fierté d’être et d’avoir accompli de belles choses. Tous les dispositifs valorisant les collaborateurs de façon explicite, visible et partagée sont d’excellents moyens d’y contribuer. Le management visuel, les retours d’expériences en réunion, le partage des bonnes pratiques, la responsabilisation transversale des collaborateurs sur des sujets dépassant le strict cadre de leur fonction, sont autant de possibilités de déclencher les bienfaits de cette hormone.

Le coin de Coach&Progress

Plusieurs pistes comportementales, simples à déclencher contribuent à cette pratique consciente :

  • Quand une tâche à exécuter semble déplaisante, rechercher de petites sources de satisfactions à inclure, 
  • Toujours relier une tâche à son sens différent de l’objectif à atteindre. Construire une cathédrale est plus motivant que de tailler des pierres !
  • Trouver des mentors et imiter leur façon d’être heureux. Ils ont très souvent inspirants et motivants.
  • Segmenter le plus possible les actions à mener en plusieurs tâches 
  • Inscrire chaque jour (carnet, tableau,…) les sources de contentement et de satisfaction.
  • Envisager les nouvelles habitudes comme un choix préventif, plutôt que comme des obligations curatives.
  • La technique du Nexting qui consiste à visualiser la réussite et à l’associer aux émotions favorise une mobilisation comportementale positive.
  • Aucune solution n’étant jamais parfaite, accepter tant pour les autres que pour soi-même une part d’imperfection.
  • Exprimer ses demandes en partant de ses besoins est une manière très efficace de constater que nous sommes entourés de plus de bienveillance et de solutions que l’on peut imaginer et suspecter à priori.

Pour aller plus loin, nous vous recommandons la lecture de « Habits of a happy brain » de Loretta Graziano Breuning.

Laurent Allain-Bassot
Laurent Allain-Bassot
Coach certifié comportemental et cognitif - Team–Builder - Consultant

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